vendredi 25 novembre 2011

Les incendiaires se muant en pompiers

Je souhaite vous soumettre:
- Une déclaration de Thomas Jefferson de 1802,
- La réponse (tardive) du professeur Philippe Nataf de 2011,
- Le billet d'Alain Dumait (créateur des 4 vérités) de 2011 aussi.

J'ai moi-même ajouté quelques commentaires, à chacun de se faire une opinion en connaissance de causes.

Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis de 1801 à 1809 a fait la déclaration suivante suivante en 1802:

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières ptêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis »

Le journal français Le Monde s'en étonne d'un « Etonnant, non? »


Cette affirmation de Thomas Jefferson semble en effet étonnante d'actualité, mais elle véhicule une idée persistante parfaitement fausse et complètement démentie par l'expérience. Je cite ci-après une partie de l'intervention de Philippe NATAF professeur d'économie à l'Université:

Parlant du crédit bancaire et faisant référence à la fin du 18° siècle et au 19° siècle pour ce passage:" Mais il existait des régions, comme l'Ecosse et les six Etats de la Nouvelle Angleterre aux Etats-Unis, où les banques privées étaient libres d'émettre des billets. Or chose extraordinaire, il n'y a jamais eu de crise dans ces endroits là. Ces banques étaient en effet en concurrence les unes avec les autres. Si l'une émettait trop de monnaie par rapport à ses réserves, sa monnaie se dépréciait, et les autres banques, voire les individus en mesure de constater le phénomène, s'empressaient de convertir en monnaie réelle (EN OR) les billets émis par cette banque. La menace de ruée obligeait la banque en question à revenir très vite à une politique de couverture plus saine. En fait la compensation bancaire pratiquée au jour le jour limitait radicalement toute velléité de surémission.

La Banque de France elle même fut une banque libre jusqu'en 1803, date à laquelle Napoléon, qui en était un des principaux actionnaires, lui octroya le monopole de création de monnaie. Deux ans et demi plus tard, la Banque de France connaissait sa première crise: elle avait émis trop de papier, et les gens, perdant confiance, voulurent convertir leurs billets en or. Il fallut des mesures particulières pour les en empêcher.

En résumé, il existe une précieuse expérience, occultée dans l'enseignement officiel, qui témoigne que partout où a existé un système de banques libres, il n'y a eu ni inflation ni cycles économiques, alors que dans le même temps, les pays dépendants de Banques Centrales ayant le monopole d'émission, connaissaient des crises."

Impossible réforme du système oligarchique par les oligarques – Alain Dumait 4 vérités du 25-11-2011


L'excellent site Polemia fait remarquer que le nouveau patron de la BCE, Mario Draghi (64 ans), est un ancien de la banque Goldman -Sachs (dite «government Sachs»). Loukas Papadimos (64 ans également), nouveau Premier ministre grec, aussi. Quant à Mario Monti (64 ans, encore...), Premier ministre italien pressenti, il est diplômé de Yale, membre affiché de la Trilaterale et du groupe de Bilderberg. Ce sont des initiés du système financier occidental, au cœur de l'oligarchie qui nous gouverne. Evidemment, si l’on pense que quelques établissements financiers, avec leurs produits dérivés, sont directement à l'origine de la crise financière actuelle, si l’on croit que tout est«à cause» des banques, et que les responsabilités s'arrêtent là, on peut légitimement se demander s'il est bien raisonnable de recruter les incendiaires comme pompiers. Rien n'indique, en tout cas, que la super-classe mondiale ait renoncé à quelque pouvoir que ce soit au sein de ce système.


Ces oligarques sont dans la même position que les apparatchiks communistes au temps de la Perestroïka: certains savent que le système s'effondrera, d'autres s'imaginent pouvoir le sauver, mais tous font comme s'il était réformable et sauvable. Tout se passe comme si nous étions dans la phase gorbatchevienne de la crise financière. Où les oligarques espèrent encore pouvoir sauver leur oligarchie!..

Ces personnages n'ayant aucun principe moral, il leur est plus facile qu'à d'autres de reconnaitre quelques erreurs«techniques ». Les « subprimes»sont de cet ordre. Le développement cancérigène des produits dérivés aussi. L'excès des dettes publiques également. Pour eux, il suffira donc d'être un peu plus raisonnable (dette maitrisée », marchés«régulés »...) pour que le système se remette à fonctionner correctement. Pour eux, le système n'est en rien disqualifié, ni donc, bien sûr, condamné. On aura d'ailleurs remarqué que ces hiérarques, depuis quelque temps, se mettent à leur tour à dénoncer « les diktats des marchés ». Aveu que les « marchés » commencent à leur échapper. Ce qui est nouveau. Si cette option (la réforme du système financier oligarchique par les oligarques eux-mêmes) était la bonne, le choix de ces trois hommes serait judicieux. MM. Papadimos et Monti sont, en effet, tout à fait capables d'essayer de remettre les sphères publiques de leurs pays sur de meilleurs rails. II n'y a pas lieu d'être surpris que la caste européiste ait fait ce choix. Nous pensons, pour notre part, que les dérives du système financier sont inhérentes à ce système même. Les subprimes sont inséparables d'une politique dite « de logement social ». Les produits dérivés sont le fruit, non pas tant de l'imagination de banquiers fous, mais plutôt du mythe selon lequel les dettes favoriseraient la consommation, qui tirerait la croissance.

Certes, ces banquiers ont dit avoir trouvé le moyen - avec ces « dérivés »- d'éliminer le risque. Je ne suis pas sûr qu'ils le croyaient vraiment. Mais, au départ, il y a cette croyance mortifère selon laquelle la dette pourrait avoir des vertus. Croyance toujours à l'œuvre quand la BCE abaisse des taux d'intérêt. Comme si des taux d'intérêt bas favorisaient l'activité... Et les banques centrales semblent toujours convaincues que le laxisme monétaire peut constituer une réponse à la crise, qui en est pourtant le fruit...

II ne faut pas attendre de cette ploutocratie qu'elle se réforme. Seul le mur des réalités, contre lequel elle va bientôt se briser, l'obligera, peut-être, à reconnaitre ses erreurs, qui sont d'abord morales et philosophiques.

L'oligarchie reconnaitra peut-être ses erreurs quand son système se sera effondré. Et ce n'est même pas sûr! Car ce système constructiviste ne peut ni être maitrisé ni être réformé à moitié. II faut revenir à une économie de bon sens. Avec une monnaie stable - non manipulable par les Etats et leurs politiciens -, comme ce serait le cas, universellement, avec la référence restaurée à l'or. Avec des investissements financés essentiellement par de l'épargne préalable. Avec des taux d'intérêt sincères. Et un système bancaire et financier en conséquence réduit des 9 dixièmes, le financement par l'épargne demandant beaucoup moins de services que celui qui s'appuie sur la dette et la création monétaire ex nihilo.

Un tel système, applicable à l'échelle du monde, serait, aussi, pur de tout impérialisme, aussi bien américain que chinois.

Certains diront que la discipline imposée par une monnaie métallique ne serait pas supportable. C'est pourtant ça, ou le laxisme, qui va finir bientôt. Dramatiquement. •


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