mardi 6 avril 2010

Anastasie contre la liberté.

Dans ce que l'on nomme facilement "les Temps anciens, l'Ancien Régime", nous savions l'existence de la censure. Elle était l'arme des pouvoirs établis. Sous nos latitudes, d'abord celle de l'Eglise pour éviter ou museler les hérésies et conforter son pouvoir, surtout temporel, puis vint celle de l'Etat monarchique pour mieux assurer son pouvoir absolu. Vint ensuite la Révolution puis la République avec sa devise "Liberté, Egalité, Fraternité". On pourrait penser la censure disparue corps et biens. Il n'en a rien été. Elle restait toujours prête à fleurir, avec quelques périodes de repos, mais toujours vivante. Pendant les guerres de la République et la Der des Der, elle prit le nom d'Anastasie, représentée avec des grands ciseaux. Après la deuxième guerre mondiale, on la crut disparue d'Europe, l'avenir radieux est devant nous, l'homme nouveau est arrivé! Aujourd'hui on s'aperçoit qu'il n'en est rien, la garce est toujours là, vivace où on ne l'attendait plus. L'église chrétienne est maintenant plus une cible qu'un gardien du correct, l'Etat providence n'a même plus cette prétention de censurer. Grâce à quelques lois, bien intentionnées, au moins pour la première en 1972, il a semé une mauvaise graine qui donne son inquiétante récolte.
Depuis quelques semaines, les méfaits d'Anastasie deviennent habituels: Pour ne citer que les plus représentatifs: Eric Zemmour qui énonce une vérité, montée en épingle par un animateur (en manque d'inspiration?), puis Stéphane Guillon, ensuite Robert Ménard et même Bigard!
Beaucoup d'associations (essentiellement subventionnées), des hautes autorités et autres ligues, se sont engouffrées dans la brèche pour exiger la liberté à leur usage exclusif. La justice devant se charger de certifier la Vérité. Si nous, les simples citoyens n'y prenons pas garde, la liberté disparaîtra sous les assauts de ces ligues qui sous couvert de bien penser, nous imposent un peu plus chaque jour leur ordre moral.
C'est un lieu commun, mais il faut en revenir au mot de Voltaire: "Je ne pense pas comme vous, mais je me battrai pour que vous puissiez vous exprimer".
Nous ne devons pas non plus attendre que des personnalités, de droite et de gauche, se manifestent. Heureusement, il y en a et elles sont actives, mais nous devons les soutenir fortement et nous exprimer pour que toutes les censures tombent. Mais de grâce, ne réclamons surtout pas de lois, il y en a et bien trop. Au contraire, il faudrait, dans ce domaine abolir les lois Pleven, Gayssot, Perben II, supprimer la Halde et toutes les subventions aux associations communautaires. Nous libérerions ainsi la liberté de parole en économisant d'ailleurs quelques deniers publics. Ce serait certainement un grand progrès, qu'en France chacun puisse exprimer son opinion et la confronter librement à celle des autres. La liberté reste le premier but à atteindre et c'est toujours un but à atteindre.

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